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Assurance maladie:
Primes: quel avenir après 2008-qui-rit?
Jamais la hausse n'avait été si
basse:+0,5% pour l'assurance maladie.
Mais ce joli résultat n'empêche pas les critiques. Et la suite
s'annonce moins rose...
Une hausse moyenne de 0,5% pour
l'ensemble de la Suisse, des baisses dans cinq cantons. Il y a
des nouvelles qu'on préfère annoncer soi-même. Pascal Couchepin
s'était donné pour règle de ne pas commenter personnellement les
primes d'assurance maladie de l'année à venir, il a fait
exception pour l'exercice 2008. C'est en personne - et en
souriant largement - qu'il est venu commenter, non les primes
elles-mêmes, a-t-il tenu à préciser, mais le bilan de son action
en la matière: une hausse moyenne des primes de 3% par an depuis
2004, contre 6,1% pour la période précédente.
Un demi-point en moyenne, c'est l'augmentation la plus faible
enregistrée depuis l'introduction de la LAMal. Et si ce résultat
global cache des disparités régionales non négligeables,
l'augmentation reste, même dans les cantons les moins favorisés,
en dessous du rythme habituel. La plus forte hausse est
enregistrée en Appenzell Rhodes-Intérieures, avec 2,6%.
Les Romands s'en sortent bien
Les cantons romands s'en sortent en général plutôt bien: moins
1% en moyenne pour Genève et Neuchâtel, moins 0,8% pour Vaud,
moins 0,4% pour le Jura. Ces baisses sont liées, analyse Pascal
Couchepin, à l'effort entrepris par les caisses pour corriger
les différences de réserves entre les cantons.
Les hausses supérieures à celles des coûts enregistrées dans de
nombreux cantons (y compris Fribourg, avec+ 0,8%, et le Valais,
avec+ 1,2%) sont sans doute à mettre sur le compte du même
effort. Qui n'a toutefois pas prétérité que les gagnants nets du
système précédent et ne bénéficie pas également à tous ses
perdants. Parmi les Alémaniques, ainsi, Zurich est le seul
canton à enregistrer une baisse (-0,2%).
Mais une autre question agite déjà les esprits: quid de la
suite? Il y a dix jours, Santésuisse s'est montrée pessimiste:
les coûts, qui ont stagné en 2006 (année de référence pour la
fixation des primes 2008) sont repartis à la hausse au premier
semestre de 2007. Pascal Couchepin a aussitôt riposté en
annonçant une nouvelle pression sur le prix des médicaments,
dont il attend une économie de 100 à 150 millions par an.
Hier, il a persisté: il tiendra ses promesses, a-t-il martelé.
Avant la votation sur la caisse unique, il avait annoncé une
hausse annuelle de 2% au maximum pour 2008 et 2009. Soit 4% en
deux ans. Il s'y tiendra. Ce qui lui laisse tout de même, pour
2009, une marge de 3,5%.
Possible? Difficile, en tout cas: les chiffres du 1er semestre
2007 accusent, selon les calculs les plus favorables, une hausse
de 4,7%. Que la seule pression sur les prix des médicaments
suffira d'autant moins à juguler que les plus fortes croissances
sont enregistrées ailleurs: dans les soins à domicile et les
hôpitaux notamment.
Ces secteurs dépendent assez largement des politiques
cantonales. Ce qui permet à Pascal Couchepin de se défausser en
ripostant par anticipation aux critiques qui ont été exprimées
dans la suite de la journée par plusieurs ministres cantonaux de
la Santé: c'est à eux de veiller au grain.
Le travail législatif devrait avoir lui aussi une influence sur
l'évolution des coûts. La loi sur le financement des soins, qui
arrive à bout touchant, bloque l'engagement de caisses dans les
soins à domicile et les EMS au niveau atteint au moment de son
entrée en vigueur. Il ne s'agit toutefois pas d'une économie
nette mais d'un transfert qui s'exercera, suivant les cantons,
avant tout sur les particuliers ou sur les caisses publiques.
Quant à la loi sur le financement hospitalier, elle aussi en
voie d'achèvement, elle entraînera des frais supplémentaires
tant pour les assurances que pour les cantons. Mais, estime
Pascal Couchepin, tout reste sous contrôle.
Et surtout, il a un joker. En 2006, il a abaissé le niveau des
réserves légales des caisses de 5%, à 10% pour celles qui
comptent plus de 150000 assurés, 15% pour les autres. Or les
prévisions soumises à l'Office fédéral de la santé publique par
les assureurs ne prévoient pas de baisse substantielle de ces
réserves pour 2008. Elles restent en moyenne à 19,8%. Ce qui
montre, pour le dire avec les mots du ministre de la Santé,
qu'«il y a de la réserve dans les réserves». Et donc des moyens
pour amortir une hausse trop importante. Une fois ou, au
maximum, deux.
S'il se veut, donc, raisonnablement optimiste pour l'avenir,
Pascal Couchepin se montre aussi, élections obligent, très
satisfait du passé. Les primes ont moins augmenté depuis qu'il
est aux affaires, a-t-il souligné graphiques à l'appui. Et ce
résultat a été obtenu en faisant pression sur les coûts, pas sur
les réserves. Ces dernières, au plus bas en 2002, se sont
reconstituées depuis. Quant à la croissance des coûts, elle a
ralenti depuis 2004, de façon particulièrement sensible dans les
domaines où il est intervenu - prix des médicaments et des
analyses de laboratoire. Ainsi que dans celui des EMS.
9.2007
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