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 Info
- Les Suisses pour une caisse unique
Deux tiers des Suisses
soutiennent l'idée d'une caisse maladie unique pour faire des
économies. Ce résultat, étonnant après le net refus en votation
en 2007, traduit le mécontentement des assurés notamment sur les
coûts du système. Quatre cinquième d'entre eux sont ouverts à
des économies.
Selon le "sondage santé" 2011, commandé par santésuisse et rendu
public jeudi, de plus en plus de citoyens s'interrogent sur le
financement de l'assurance de base. Alors qu'ils étaient encore
48% en 2010 à considérer que le système actuel basé sur la prime
par tête était satisfaisant, ce taux chute aujourd'hui à 36%
(-12%).
De nouvelles pistes retiennent leur attention comme la déduction
sur le salaire ou la prime fixée en fonction de la fortune.
Interrogés sur la charge que représente l'assurance sur leur
budget, ils sont 50% à estimer celle-ci "trop élevée mais
supportable" et 28% à la considérer "trop élevée". A noter que
ce dernier taux est de 44% en Suisse romande.
Mécontentement
"Ces chiffres reflètent clairement un mécontentement des
citoyens qui rend nécessaire une réforme du système", a indiqué
devant la presse Stefan Kaufmann, directeur de la faîtière des
assurances maladie.
Pour lui, les faveurs de 66% des sondés pour une caisse publique
sont à mettre en relation avec ce désenchantement. "Cette
majorité ne préjuge cependant pas d'un résultat en votation",
a-t-il souligné.
La population manque d'éléments pour se prononcer sur les
conséquences d'une caisse unique et ne s'est pas encore forgé
une opinion, a-t-il poursuivi, alors qu'une initiative soutenue
par la gauche est actuellement en cours de récolte de
signatures.
Santésuisse en veut pour preuve le fait que 61% des participants
au sondage souhaitent une réforme du système de santé "pas à
pas" plutôt qu'une révolution. L'enquête montre également que
75% ont déjà entendu parler des réseaux de soins intégrés ("managed
care"), soit une augmentation de 11% par rapport en 2010.
Caisse unique
Une large majorité (70%, +5%) est d'avis que ces réseaux
constituent une voie importante pour réduire les dépenses de
santé et qu'ils offrent une amélioration de la qualité des
soins.
A noter que selon un sondage de gfs.bern, publié le même jour,
57% des Suisses ne voudraient pas adhérer à un tel réseau. Pour
santésuisse, ce résultat doit servir de "signal" aux politiques
pour mettre en oeuvre ce système. Ces questions seront traitées
à la session d'automne qui commence lundi.
Médecine de famille
Parmi les solutions pour baisser les coûts de la santé, les
personnes interrogées plébiscitent (88%) la promotion de la
médecine de famille. En revanche, la hausse de la quote-part à
20% pour les assurés non affiliés à un système de réseau ou de
médecins de famille ainsi que l'interdiction de proposer des
assurances complémentaires dans l'assurance de base ne
recueillent qu'environ 30% d'avis favorables.
Santésuisse soutient les mesures permettant de réduire les
dépenses, en particulier le "managed care", le nouveau
financement hospitalier ou le E-Health. Mais la faîtière ne veut
pas mettre en péril la qualité des soins et la liberté de choix
du médecin, de l'hôpital et de l'assurance pour le patient.
Elle soutient le système de financement actuel, soulignant que
les dépenses de santé en Suisse sont couvertes. Plus
généralement, santésuisse relève une fois de plus la
méconnaissance des citoyens dans le domaine des assurance
maladies.
Selon le sondage, ils seraient encore 90% à penser que les frais
administratifs des caisses s'élèvent en moyenne à 31%, au lieu
de 5%. Le sondage de l'Institut Demoscope a été réalisé auprès
de 1219 personnes du 31 mai au 1er juillet dernier. La marge
d'erreur est de +/-2,8%.
08.11 |