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Réformes de l'assurance
maladie
Premier paquet presque bouclé par le Conseil national.
Le premier paquet de réformes de
l'assurance maladie est presque bouclé. Le National s'est rallié jeudi sur
quasiment tous les points aux décisions du Conseil des Etats, limitées
pour l'essentiel à des prolongations de mesures en vigueur.
Par 152 voix contre 18, les députés ont ainsi accepté de proroger au plus
tard jusqu'à fin 2006 la solution transitoire concernant la participation
des cantons aux coûts des traitements hospitaliers. Celle-ci sera
maintenue en attendant le passage au nouveau système de financement des
hôpitaux, dit dual fixe.
Le Parlement se prononcera prochainement sur ce modèle qui prévoit que les
prestations seront prises en charge pour moitié par les assureurs et pour
moitié par les cantons. Les prestations de tous les hôpitaux figurant dans
la planification cantonale, qu'ils soient publics ou privés, seraient
concernées.
Par 104 voix contre 72, le Conseil national a refusé de suivre la droite
qui voulait anticiper cette mesure en étendant la solution transitoire aux
établissements privés. Suivant le Conseil fédéral, il a refusé d'entrer en
conflit avec les cantons qui auraient risqué de verser quelque 500
millions de francs de plus.

Compensation des risques
Les députés ont aussi accepté de prolonger
de cinq ans l'actuel système de compensation des primes entre assureurs,
qui échoit à fin 2005. Par 85 voix contre 82, ils ont refusé de presser le
gouvernement de présenter avant fin 2006 un modèle plus efficace.
Le conseiller fédéral Pascal Couchepin a toutefois précisé être prêt à
examiner de nouvelles variantes. La gauche et le PDC ont critiqué le
système actuel, estimant que d'autres critères que l'âge et le sexe
devaient être pris en compte comme, par exemple, l'état de santé du
patient.
Dans la foulée, le National a adopté par 105 voix contre 67 la loi urgente
élaborée par le Conseil des Etats visant à geler pour deux ans dès janvier
2005 les tarifs-cadres pour les soins dans les EMS et à domicile à charge
de l'assurance maladie. Cette mesure, contre laquelle la gauche s'est
élevée en vain, vaudra jusqu'à l'entrée en vigueur du projet destiné à
juguler l'explosion des coûts que le Conseil fédéral va présenter
prochainement.
Moratoire
Mercredi, les députés étaient déjà restés
sur la ligne de la Chambre des cantons en autorisant le gouvernement,
malgré le référendum annoncé, à prolonger pendant trois ans le gel de
l'ouverture de nouveaux cabinets médicaux qui échoit en juillet 2005. La
levée, contestée, de l'obligation faite aux assureurs de contracter avec
tous les prestataires de soins devait initialement prendre le relais du
moratoire. Or, elle ne pourra entrer en vigueur d'ici juillet, le
Parlement ayant décidé de reporter ses discussions sur ce sujet.
Carte d'assuré
Le paquet retourne au Conseil des Etats, le
National s'étant distancié de lui sur la carte d'assuré. Avec le soutien
de Conseil fédéral, la majorité des députés a opté pour une solution
prudente. Il s'agirait dans un premier temps d'instaurer une carte servant
à la facturation des prestations.
Elle pourrait aussi contenir, moyennant l'aval de l'assuré, des données
personnelles, encore à définir et auxquelles les personnes autorisées
pourraient avoir accès. Le Conseil des Etats a quant à lui d'ores et déjà
dressé une liste d'informations utilisables en cas d'urgence, tels le
groupe sanguin ou une adresse de contact.
Le premier paquet de réformes n'aura pas l'ampleur voulue par Pascal
Couchepin. En sus du débat sur la liberté de contracter, le Parlement a
également renvoyé à plus tard celui sur les réductions de primes, une
sous-commission de la Chambre des cantons planchant actuellement sur le
dossier.
Contrairement à l'autre conseil, le National ne s'est en outre pas
prononcé durant cette session sur la hausse de 10 à 20 % de la part des
frais à charge de l'assuré une fois la franchise dépassée.
10.2004
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