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Coûts de la santé: les plus de 60 ans devraient payer plus...
 
Les plus de 60 ans doivent contribuer davantage aux coûts de la santé, préconise Avenir Suisse. Selon le laboratoire d'idées de l'économie, le système de l'assurance maladie les incite à dépenser plus, ce qui pèse sur le porte-monnaie des plus jeunes.

A l'heure actuelle, les jeunes assument à hauteur de 4 milliards de francs par an les coûts générés par les plus âgés, a rappelé Lukas Steinmann, co-auteur de l'étude "Les coûts de la santé dans une société vieillissante". Si aucune réforme n'est entreprise, le transfert de charges atteindra les 10 milliards en 2030.

Pour l'éviter, l'étude propose d'abord des primes d'assurance augmentant avec l'âge. Les auteurs parlent aussi d'élever la franchise et la participation des personnes âgées ou d'accorder des rabais de primes à celles qui optent pour un modèle plus économique comme le sytème du médecin de famille.

Selon l'étude, l'inéluctable vieillissement de la population n'est qu'un facteur secondaire de la progression des coûts. Les coûts de la santé explosent car le système incite à trop dépenser. "Les facteurs incitatifs sont mauvais pour les prestataires de soins comme pour les assurés", a constaté Harry Telser, second auteur de l'étude.

Et les répercussions sont particulièrement fortes pour les aînés: entre 1996 et 2003, les dépenses de santé des moins de 55 ans ont crû de 30 % tandis qu'elles s'envolaient de 40 % pour les 55 à 80 ans et même de plus de 50 % pour la catégorie des plus de 80 ans.

Venu commenter l'étude, le conseiller national Felix Gutzwiller (PRD/ZH) a parlé d'une "contribution intéressante à la discussion". Selon le médecin, un système de primes échelonnées selon l'âge devra être étudié dans le cadre du débat sur le financement des soins et pourrait même constituer une alternative à une assurance des soins.
 

Oui à la caisse unique

 
Sur les 1'229 personnes interrogées par l'Institut de recherche bernois, 56% se sont par ailleurs dits convaincus par l'idée de confier à une caisse unique la gestion de l'assurance obligatoire des soins. Un projet sur lequel le peuple devrait se prononcer l'an prochain.

Depuis cinq ans, l'idée n'a cessé de gagner en popularité pour recueillir pour la première fois une majorité. Et le soutien à la caisse unique ne se limite pas à l'électorat de la gauche, pourtant seule à soutenir cette revendication sur le plan politique.

Ce soutien se nourrit plutôt de la défiance et de la colère croissante des Suisses vis-à-vis des caisses maladie, tenues pour responsables de la hausse continuelle des primes, observent les auteurs du sondage.

 
Catalogue de prestations
 
La récente initiative du ministre de l'Intérieur Pascal Couchepin de retirer les médecines alternatives de l'assurance de base devrait aussi être assez bien acceptée par la population. Un tiers des sondés désirent que ces prestations en fassent partie, alors qu'un peu plus de la moitié estiment qu'elles relèvent des assurances complémentaires.

Dans le même temps, la proportion des Suisses souhaitant élargir le catalogue de prestations couvertes par l'assurance de base (obligatoire en Suisse) a de nouveau augmenté pour retrouver le niveau de 2001. «Les gens ont peur de perdre leurs acquis», commente Claude Longchamp.

Evolution révélatrice dans ce contexte, la qualité a encore gagné en importance. Elle passe avant une réduction des coûts pour 86% des personnes interrogées (73% en 2004). De même, 84% (78%) d'entre elles refusent toute restriction de la liberté de choix.

Les sondés veulent ainsi pouvoir choisir librement leur médecin et leur hôpital, avoir accès aux médicaments et aux méthodes de traitement modernes et souhaitent que les médecins prescrivent le médicament le plus approprié sans se soucier du coût.

 
Primes élevées, exigences élevées
 
Les Suisses, qui se sentent toujours plus malades et souffrent de plus en plus du poids des primes maladie, sont peu enclins à abaisser leurs exigences. Claude Longchamp estime que «des primes élevées n'incitent pas les assurés à faire des économies, comme on l'espérait. Au contraire, elles nourrissent des attentes élevées».
Les sondés sont toutefois prêts à réaliser des économies ponctuelles: 70% accepteraient de prendre des médicaments génériques au lieu du produit de marque et 53% seraient d'accord de payer eux-mêmes les médicaments pour les maladies bénignes. Quant à l'idée d'un système bonus-malus, elle séduit toujours près de trois-quarts des Suisses.

 
Les caisses doivent économiser
 
Mais les assurés voient le plus grand potentiel d'économie dans les frais d'administration des caisses maladie (64%), puis dans les hôpitaux privés (46%) et enfin au niveau des pharmacies et des médicaments (42%).

Aucune réforme fondamentale du système de la santé suisse n'a de chance d'aboutir, qu'elle vienne de la gauche ou de la droite, conclut Claude Longchamp.

Le citoyen donne la préférence à une «solution de compromis» et il est finalement assez satisfait de la loi sur l'assurance maladie (LaMal) actuelle. Dix ans après son introduction, elle est approuvée par 52% des sondés, toutes tendances politiques confondues.

10.05