L'accueil des nouvelles primes est contrasté en Suisse romande. Les
cantons qui ont une hausse modérée s'en réjouissent mais le soupçon
d'une manœuvre pour couler l'initiative de la caisse unique règne à
Genève et dans le Jura.
Le
président de la Conférence romande des affaires sociales et de la
santé (CRASS) Claude Hêche estime que les cantons sont quantité
négligeable pour l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) par
rapport aux assureurs. "La diminution demandée depuis des années
coïncide avec le débat sur la caisse unique", fait-il remarquer.
Le
ministre jurassien met également en cause la confidentialité imposée
aux administrations cantonales alors que les assureurs peuvent
annoncer leur hausse. Dans le Jura, les projections pour établir les
réserves sont basées sur 71'000 habitants alors que le nouveau
canton n'en compte que 69'000, accuse encore le conseiller d'Etat.
Ce
coup de gueule fait écho à celui du chef de la santé valaisanne
Thomas Burgener, qui exige des explications de l'OFSP et l'accès aux
données et aux chiffres des caisses maladie. La hausse infligée au
canton alpin est "excessive et injustifiée", a-t-il asséné. Entre
2000 et 2005, les primes valaisannes ont cru de quelque 39% alors
que les coûts n'ont progressé que de 24,2%.
Plus du tiers des assureurs maladie détiennent des réserves "bien
supérieures" au minimum légal reportées sur les assureurs, s'insurge
Thomas Burgener. Le canton de Zurich s'en prend lui aussi à l'OFSP
qui n'a pas veillé à ce que les assureurs diminuent suffisamment
leurs réserves.
Santésuisse appelle à la prudence car l'évolution des coûts n'a pas
été totalement reportée sur les primes 2007, adoucies par la
ponction dans les réserves. Cette embellie pourrait se prolonger
l'année prochaine mais il est difficile de faire des projections à
plus long terme, estime Peter Marbet. On n'évitera pas de lever
l'obligation de contracter avec tous les médecins, selon lui.
La
présidente de l'Organisation suisse des patients Margrit Kessler
salue de son côté la part grandissante de génériques dans les
médicaments consommés et attend de voir les futures démarches de
Pascal Couchepin. "Mais on néglige les remèdes plus fondamentaux
pour freiner la spirale des coûts tel l'encouragement des HMO",
poursuit-elle.
9.2006