
Info
- Intérêt minimal LPP:
le Conseil fédéral baisse le taux à 2% en
2009
La crise des marchés financiers va peser sur le capital
des assurés du deuxième pilier l'an prochain. Le taux d'intérêt minimal sur
les avoirs de la LPP va passer de 2,75 à 2% dès janvier. Cette baisse a été
décidée par le Conseil fédéral.
Le gouvernement a suivi ainsi les propositions de la Commission
fédérale LPP. Les milieux économiques et le patronat réclamaient pour leur
part une réduction majeure à 1,75%, tandis que les représentants des
travailleurs auraient voulu 2,25%.
"L'abaissement peut être qualifié d'incontournable vu la situation
sur les marchés financiers", se justifie le Conseil fédéral. La réduction du
taux d'intérêt minimal de la LPP à 2% était prévisible. Le Conseil fédéral
s'inspire généralement des conseils prodigués par la commission fédérale
LPP. Il se base également sur une série de données techniques.
Selon la loi, le gouvernement doit tenir compte avant tout du
rendement des obligations de la Confédération, ainsi que de celui des
actions, des obligations et de l'immobilier. La valeur de référence - soit
la moyenne mobile à long terme des obligations à sept ans de la
Confédération - est actuellement de 2,48%.
Des rendements positifs sont prévisibles pour les obligations et
l'immobilier, reconnaît le Conseil fédéral. Mais vu les pertes importantes
enregistrées sur les cours des actions, le Conseil fédéral a retranché 0,5
point de la valeur de référence. Dans l'ensemble, les portefeuilles des
institutions de prévoyance ont évolué négativement. Mais un taux plus bas
que 2% "n'est pas adéquat, car par le passé, même lorsque la tendance des
marchés financiers était à la hausse, le taux avait été fixé avec prudence",
selon le gouvernement.
Les institutions de prévoyance ont ainsi pu constituer des réserves
de fluctuation qui leur permettent de faire face à l'actuelle évolution
négative des marchés.

La
plus mauvaise année de l'histoire du 2e pilier
Les fortes secousses qui ont touché les bourses en octobre
ont de graves conséquences pour les caisses de pension helvétiques.
Selon leur
association faîtière, de très nombreuses institutions ont désormais une
couverture insuffisante (moins de 100%).
Malgré cela, les
caisses peuvent continuer à verser leurs dû à court et à moyen terme, a
indiqué Christoph Ryter, le président de l'Association suisse des
institutions de prévoyance (ASIP), mardi devant les médias à Zurich. Mais
elles ne seraient pas en mesure d'assumer leurs obligations à long terme.
Selon M. Ryter,
environ la moitié des caisses de pension privées ne sont plus suffisamment
couvertes. L'effondrement des bourses a conduit à des pertes de 60 à 70
milliards de francs pour les institutions de prévoyance helvétiques.
Mesures
d'assainissement
Les caisses suisses
géraient plus de 600 milliards de francs à fin octobre. L'année 2008 sera la
moins bonne depuis la mise en place du 2e pilier il y a 23 ans.
Pour connaître la
situation exacte des caisses, il faudra attendre la publication de leurs
bilans durant le premier trimestre 2009. On verra alors combien
d'institutions ont dépassé la ligne rouge (degré de couverture inférieur à
90%). Dans un tel cas, la loi prévoit des mesures d'assainissement.
La limite des 90%
devra toutefois être relativisée dans le contexte actuel, a dit M. Ryter. Le
président de l'ASIP a appelé les autorités de surveillance à réagir de façon
mesurée. Il faudra décider des mesures d'assainissement au cas pas cas, car
dans chaque caisse les risques sont différents.